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Comment l’insomnie a fait de moi un lecteur vorace : paroles d’un ancien insomniaque qui ne regrette rien !

Enfant puis adolescent je fus un insomniaque chronique. J’ ai passé de longues nuits des années durant, sans pouvoir bien dormir . Ah, misère! Obligé d’écouter le chant lugubre mais si poétique des hiboux et autres oiseaux de nuit plus chouettes qu’on ne l’imagine. Nuit noire. Sans répit. Nuit blanche. Sans repos. Aujourd’hui encore je me demande la cause de cette insomnie…

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Une femme à deux maris de Cosme Orou Logouma

La femmes à deux maris

 

« Une femme à deux maris », c’est le recueil de deux pièces de théâtre que nous offre Cosme OROU LOGOUMA, jeune auteur dramaturge au talent certain. Plus encore que cette première de couverture aux couleurs attrayantes et multiples représentant une femme vêtue d’habits traditionnels et parée de ses plus beaux bijoux, l’auteur nous invite à travers ses deux pièces, à un voyage dans l’histoire du célèbre royaume de Nikki, mais aussi dans les arcanes de la politique politicienne qui mine nombre de pays africains et donc y compris notre pays le Bénin.

« Une femme à deux maris », la première pièce qui donne son titre au recueil, présente quatre carrefours. Des actes à travers lesquels le lecteur passe de la surprise à l’étonnement, du doute à la désillusion, pour finir par tomber des nues. En effet, dans nos sociétés où la polygamie demeure seule admise, il est impensable, voire inconcevable qu’une femme s’arroge le droit de posséder deux maris. Et pourtant l’auteur s’y risque avec une discrète aisance.

Une polyandre au Bénin qui plus est au cœur du royaume célèbre de Nikki ? Voilà qui suscite de multiples interrogations et pousse le lecteur à partir à la découverte de cette pièce qui met en scène quatre personnages aux tempéraments divers et variés mais tellement réalistes ! Ahovi, la princesse Fon intelligente et traitresse, Lafia traditionaliste et déterminé, Tamou l’amoureux transit, tous deux princes Bariba issus de deux branches dynastiques différentes, et une voix, celle du Balazon, le griot, mémoire de l’histoire et de la civilisation baatonu. Ahovi est l’épouse du Prince Lafia depuis 15 années. Le prince Tamou cousin de Lafia, rêve d’occuper le trône royal laissé vacant depuis la mort du Roi. Sur son chemin se dresse pour la seconde fois, le prince Lafia lui aussi prétendant au trône de Nikki, lui, qu’avait préféré Ahovi au détriment de Tamou.

A travers cette rivalité, l’auteur retrace et peint avec brio l’histoire du royaume de Nikki, et surtout le mode de succession au trône ; non pas tel que nous le connaissions jusqu’alors. Et c’est là toute la valeur et la dimension nouvelle que revêt cette pièce. L’auteur s’est aussi intéressé à la langue dans lesquelles se pratiquent les rites et rituels dans ce royaume… et il ne s’agit pas de la langue Baatonu, mais le Boo. Si le royaume de Nikki est considéré et réputé bariba, pourquoi ces rites et rituels majeurs se font dans une autre langue, celle Boo ? Quelle est alors la place des Boos dans l’histoire de Nikki ? Des interrogations auxquelles le lecteur trouvera réponse au bout du dernier carrefour, acte final dans lequel les deux princes rivaux, Lafia et Tamou, face à la traitrise de Ahovi, mettront de côté cette vieille rivalité pour se donner la main, pour sauver le plus important, le royaume, non sans nous rappeler qu’il n’y a pas cinq dynasties à Nikki comme on nous l’a toujours enseigné à l’école, mais bien une seule. Comment ? Il faut le découvrir dans les pages de cette belle pièce au bout de laquelle le lecteur regrette presque que ce soit déjà fini… A la suite de la première pièce historique qui suscitera débats, la deuxième pièce de ce recueil, « Otages », s’attaque aux manigances politiciennes, à tous ces maux qui minent et rythment le pouvoir. Ici c’est Wowoué qui à l’image du peuple, est pris en otage, par Dado. Au nom de l’amour qu’elle lui éprouve, elle veut le posséder. Mais à l’instar de nos politiciens qui tiennent des discours mielleux pour endormir le peuple, Dado cache un dessein inavoué et une fin tragique à son amoureux. Avec pour trame de fond l’amour, l’auteur présente à travers ce recueil, deux pièces distinctes et pourtant si complémentaires, deux tableaux, pans de notre société béninoise. A nous de les lires, les découvrir et les interpréter. Nul doute, cela fera couler encre et salive.


Modeste Gansou Wéwé, Écrivain

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Amours sonnantes et trébuchantes de Eustache Prudencio.

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Amours sonnantes et trébuchantes est un recueil de dix nouvelles, écrit par l’écrivain béninois – qu’il repose en paix – Eustache Prudencio.

Ce sont des récits plus ou moins courts, profondément ancrés dans le vécu béninois.

Le style est limpide et un brin recherché et malgré les drames qui sont relatés, il y a toujours dans chaque nouvelle une pincée d’humour.

J’ai décidé de vous présenter cinq nouvelles.

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Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud : la parole qui ressuscite !

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Bonjour les gourmets livresques. Je vous emmène aujourd’hui faire un tour en Algérie, avec Kamel Daoud et son roman « Meursault contre-enquête ».

L’ouvrage est paru dans un premier temps en 2013 aux éditions Barzakh en Algérie et par la suite en mai 2014 chez Actes Sud en France. Il reçoit le prix Goncourt du premier roman en 2015. C’est après cette distinction que j’ai entendu parler du roman, moi qui ne suis pas indifférent aux prix littéraires !

Pour mieux apprécier « Meursault contre-enquête », il est bon d’avoir lu « L’étranger » de Albert Camus. Dans ce roman paru en 1942 et dont l’action se déroule dans l’Algérie sous colonisation française, Meursault est condamné à mort pour avoir tué un Arabe sur une plage d’Alger. L’histoire est écrite par le meurtrier en personne !

Plus d’un demi-siècle plus tard, le frère de cet Arabe anonyme raconte à un touriste venu de Paris comment ce meurtre a marqué sa famille et bouleversé sa vie. Soir après soir dans un bar d’Oran, il relate dans un savant bavardage, une autre version de L’étranger, une suite peut-être. Son récit est d’abord un devoir de mémoire envers son frère.

C’est ainsi qu’il donne un nom à l’Arabe dont parle le meurtrier-narrateur Meursault sans jamais le nommer « Le mot Arabe y est cité vingt-cinq fois et pas un seul prénom, pas une seul fois » dit-il à propos de l’étranger.

Il dénonce ainsi l’indifférence du meurtrier envers sa victime. Mais aussi sans doute une sorte de racisme. « Comment peut on tuer quelqu’un et lui ravir jusqu’à sa mort ? » s’indigne t-il en révélant le nom de son frère MOUSSA.

Meursault a tué Moussa et a été exécuté pour cela mais le narrateur et sa mère sont traumatisés pour la vie.

Le récit se fait dans un bar et le style se rapproche un peu de « Mémoires de porc-épic », célébration de la parole. Plus que chez Alain Mabanckou où la parole libère de la peur de la mort, ici la parole du vieillard libère, ressuscite de la mort. Moussa a enfin une biographie.

Par ailleurs, le bar est aussi un lieu de liberté d’expression. L’occasion pour le vieillard, en parfait athée de jeter un regard assez sévère sur la société algérienne. Il dénonce précisément la montée en force d’un islam radical qui ferme les bars et empêche les amoureux de marcher publiquement main dans la main.

La parole, moyen de vengeance aussi contre sa propre mère qui l’a obligé à garder le deuil de Moussa toute sa vie durant. Ceci ayant eu sur lui des conséquences graves : l’assassinat d’un français pour venger Moussa, la solitude, son incapacité à avoir des relations amoureuses durables et enfin la plongée dans l’alcoolisme…

« Meursault contre-enquête »est un roman dé-li-cieux. Je l’ai lu en 2016 et il figurait dans le top 3 de mes lectures cette année –là.

Il s’agit d’un bavardage mais un de ceux que l’on aime ! C’est un discours savamment prononcé avec des pauses assez fréquentes permettant au lecteur de reprendre son souffle et pourquoi pas de jeter un coup d’œil à « L’étranger » de Albert Camus.

Ce roman montre à quel point l’homme peut être victime de son passé et ainsi passer à coté de sa propre vie.

Kamel Daoud est un génie. Il faut que vous le lisiez.


Désiré Godonou

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IMAGINATION MEURTRIÈRE / Lucie Charlène

imagination meurtrière

Il cherchait une fois encore à escamoter la question. Combien de fois lui ai-je raconté mon histoire ? Je ne saurais le dire.
Vous ne me croyez pas, n’est-ce pas ? lui demandai-je pour la énième fois.
Et comme à l’accoutumée, il rangea ses effets, me lança ce regard terne. Comment j’en suis arrivé là, comment ?
J’avais fini l’écriture  de mon livre depuis plus d’une semaine. Je sais qu’il fallait le déposer chez l’éditeur, mais je ne me lassais pas de le relire. J’y apportais quelques corrections, supprimais certaines phrases… Mais j’oubliais souvent d’enregistrer les dernières modifications. Je venais de supprimer le dernier chapitre, je voulais donner une autre tournure au récit, la recherche de la perfection. Lire la suite de « IMAGINATION MEURTRIÈRE / Lucie Charlène »

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Veronika décide de mourir / Paul Coelho : le secret du bonheur, c’est la folie.

veronika décide de mourir

 

 « Le 21 novembre 1997, Veronika décida qu’était venu le moment de se tuer. Elle nettoya soigneusement la chambre qu’elle louait dans un couvent de religieuses, éteignit le chauffage, se brossa les dents et se coucha »

 

Veronika décide de mourir est un livre du très célèbre écrivain brésilien Paulo Coelho. Je le connaissais juste de réputation, tout en sachant que je devais absolument le lire.

J’ai d’abord été attiré par le titre. Pourquoi une belle et jeune fille – quand on s’appelle Veronika on ne peut qu’être jeune et belle – déciderait –elle de mourir ? Son projet de ‘’ mort’’ réussit-t-il ? Ce sont ces questions que j’avais dans le cœur quand j’ai décidé de vivre ce livre. Lire la suite de « Veronika décide de mourir / Paul Coelho : le secret du bonheur, c’est la folie. »

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Comé le 16 juin 2018. Grande finale du concours scolaire ‘’Lire, c’est élire’’.

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Nombreux ils sont: amoureux des lettres, apprenants, parents d’élèves, enseignants; à venir soutenir ces jeunes apprenants débordants d’énergie par et pour LE LIVRE. Celui retenu pour la finale de cette deuxième édition est une pièce de théâtre publiée aux éditions plurielles dans le cadre du concours « Plumes dorées 2014 ». Lire la suite de « Comé le 16 juin 2018. Grande finale du concours scolaire ‘’Lire, c’est élire’’. »

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Lettre aux vers à mes futurs enfants #FêteDesPères

 

Chers futurs chairs de ma chair, sens de mes sens

Je ne suis qu’un père de vers maintenant

Ma  plume  fidèle dans le ventre de la nuit

Accouche hier, aujourd’hui et demain

Des mots ivres mais libres  qui disent mes peurs

Mes terreurs, mes désespoirs, et  mes espérances

Quelques fois.

Oh oui ; je ne suis qu’un père vers

Et l’inspiration m’a plus d’une fois

Conduit à l’extase : orgasme poétique

J’ai joui, oui je joue avec les mots pour noyer les maux

Dans la fosse commune du temps.

*

Or je suis un mâle et  bientôt viendra ma femelle.

Et je serai bien.

Alors, il viendra des jours ou des nuits

Où s’élèveront des cris, vos cris de nouveaux –nés

Et l’on dira : le poète de la montagne est papa.

Pour vous je serai là et jamais las

Vous serez mes plus beaux vers, ma plus grande Œuvre

Sang de mon sang et sens de mes sens

Je ne serai plus seulement un père-vers

Mais un papa.

*

De moi, vous serez fiers

Je le promets.


Paternellement , Désiré G.

 

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POUR UNE SIGNATURE / Belkis HOUNKANRIN

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Rédacteur sur Saveurs livresques

 

Mélissa a pollué mon sommeil de peur. Et depuis, je ne fais plus de différence entre rêve et réalité.

La sortie de Mélissa de chez elle rimait avec le soufflement d’un vent violent, le soleil s’arrangeait pour ne pas sortir. Les jeunes hommes du quartier avaient jobbé de toutes les manières possibles pour avoir une montre collée à leurs poignets ; il fallait suivre l’heure de près pour ne pas rater un événement très important de la journée ; il fallait voir Mélissa passer ; sa tête, surtout ses yeux ; son élégance vestimentaire, surtout sa démarche tambour. On ne leur racontera pas cela. Les mots ont beau tout faire mais ils ne pouvaient pas selon ces jeunes garçons, décrire tout ce que Mélissa trimballait comme beauté. C’est bien cela ce que traduisait leur comportement que je nomme ‘’la gourmandise des yeux’’. Ainsi chaque midi, ils s’alignaient de part et d’autre du carrefour ‘’Y’’ pour saluer le retour de l’école de la reine du quartier. Le soir c’est pareil. Beauté rebelle. Si tu étais là, tu donnerais ta vie pour elle. Lire la suite de « POUR UNE SIGNATURE / Belkis HOUNKANRIN »

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« Celle qui ne devrait pas naitre » de Sèna Agbofoun :qu’il ne faut pas forcer l’amour !

Avant note de lecture.

Salut les gourmets livresques. Aujourd’hui, je vous parle avec beaucoup de joie du roman qui fait actuellement le buzz au Bénin et qui m’a récemment fait passer une nuit blanche : «Celle qui ne devrait pas naitre» de Sèna Agbofoun !

celle qui ne devrait pas naitre

Mais avant d’ouvrir les pages du livre, permettez-moi de dire quelques mots sur sa publication.

La spécificité de ce roman, c’est qu’il est le premier livre édité au Bénin grâce à une opération de financement participatif. Ce crowdfunding a été initiée dans le cadre du projet BuzzBook229, projet porté par l’écrivain Colince Yann auteur de La princesse du diable et de L’ivrogne de la Sorbonne.

Chaque participant à cette opération a reçu à son domicile un exemplaire du livre spécialement édité à son nom !

Étant donné le peu de soutien que l’État accorde au livre dans notre pays, j’ai toujours défendu l’idée que seule le mécénat et l’implication des communautés à la base pourrait sauver ce secteur et lui donner une vitalité réelle.

Opération réussie !

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Réflexion sur la littérature : « L’écrivain et le choix du sexe de son personnage principal »

« Qu’est-ce qui pousse l’écrivain à décider que ce soit une femme ou un homme qui joue le rôle du personnage principal dans son histoire ? » C’est la question à laquelle Alex K-do tente de repondre dans cet article. Êtes-vous d’accord avec sa réflexion ?

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On lit souvent un livre sans pour autant décider de réfléchir aux traits de caractère de son personnage principal ou de faire une analyse minutieuse de ses thématiques. Nous ouvrons un livre pour nous faire embarquer par l’auteur dans une aventure inconnue. On espère du plaisir, des surprises et de l’émotion. C’est souvent tout. Pourtant, il ne serait pas judicieux de sortir de la lecture d’un livre sans s’attarder un peu sur l’analyse des détails les plus petits. Lire la suite de « Réflexion sur la littérature : « L’écrivain et le choix du sexe de son personnage principal » »