Pour une poignée de gombos : Sophie Adonon

Pour une poignée de gombos : Sophie Adonon

Abomey -Bénin

Baï est veuve. Elle vit avec ses deux filles : Régisette et Julienne. Un jour, elle envoie la plus jeune, Julienne récolter une poignée gombos. C’est une plante potagère cultivée pour ses fruits. Elle croise en chemin Tony, un voyageur retenu par une panne de train. Read more

L’amour dure trois ans : Frédéric Beigbeder

L’amour dure trois ans : Frédéric Beigbeder

C’est avec une certaine réserve que j’ai débuté la lecture de ce livre. Je l’ai lu justement ce 14 février. L’amour dure trois ans ? Voila une phrase que vous ne devrez pas dire à une personne avec qui vous voudriez vivre une relation sincère pouvant aboutir au mariage.

Mais, sérieusement que dit le livre.

« Un moustique dure une journée, une rose trois jours. Un chat dure treize ans, l’amour trois. C’est comme ça. Il y a d’abord une année de passion, puis une année de tendresse et enfin une année d’ennui ».

C’est Marc Marronnier le héros du livre qui raconte. Et on peut dire qu’il n’a pas sa langue dans la poche !

Marc vient de divorcer d’avec Anne après trois ans de mariage. Il est convaincu que l’amour dure trois ans. Il base son avis sur des données scientifiques et sur sa propre expérience.

Il n’est pas tendre avec le mariage qu’il présente comme un piège de la société.

A la suite de son divorce, Marc noie son chagrin dans les bars et les filles. Il tente de convaincre sa maîtresse et cause de son divorce, Alice, de quitter son mari. Alice, résistera longtemps. Il faut reconnaître que peu de femmes seraient prêtes à courir derrière un homme qui déclame que l’amour dure trois ans !

Heureusement, vers la fin du récit, Alice divorce et rejoint Marc. Une ironie qu’avoue Marc : « Notre couple se bâtissait sur les cendres d’un double divorce, comme s’il fallait se repaître de deux sacrifices humains pour construire un nouvel amour ».

Mais cet amour durera t-il plus de trois ans ?

En tous cas, Marc ne demande que ça.

« L’amour qui dure trois ans est celui qui n’a pas gravi de montagnes ou fréquenté les bas-fonds, celui qui est tombé du ciel tout cuit. L’amour ne dure que si chacun en connaît le prix, et il vaut mieux payer d’avance, sinon on risque de régler l’addition a posteriori ».

Ce roman m’a beaucoup plus. J’avais déjà suivi le film éponyme et comme toujours, le livre est meilleur. J’aime la sincérité de l’auteur et son réalisme.

Le titre peut repousser certains, mais je pense qu’il attire surtout. Les premières pages qui montrent les déboires de Marc nouvellement divorcé peuvent vous suggérer de suspendre la lecture, mais comme dan tout bon livre, le meilleur est pour la fin. Bref, je recommande vivement ce livre. Il ne s’agit pas d’un essai, ou d’une thèse philosophique. C’est un roman.

Les fantômes du Brésil, Florent Couao-Zotti : un Roméo et Juliette à l’africaine.

Les fantômes du Brésil, Florent Couao-Zotti : un Roméo et Juliette à l’africaine.

Florent Couao-Zotti est l’un des écrivains béninois les plus connus dans son pays et à l’étranger. Si vous n’avez encore rien lu de sa riche bibliographie, ce roman pourrait être un bon point de départ.

Présentation.

Les fantômes du Brésil !

Non. Il ne s’agit pas d’un roman horreur sur des fantômes de revenants brésiliens venus troubler le sommeil d’une ville. C’est un Roméo et Juliette à l’africaine.

Comme le prévient l’auteur à la page 8 du roman, il s’agit d’un récit imaginaire.

Les agoudas sont des descendants d’esclaves revenus du Brésil. Ils forment une caste au Bénin. Ils considèrent les membres des autres communautés comme des traites  ayant vendus leurs ancêtres en esclavage. Un groupe noble et fier.

« Nous sommes des Brésiliens de Bahia. Bahia, c’est la ville et l’odeur du sang de ceux qui ont refusé l’esclavage et l’indignité. Là-bas, ce sont nos ancêtres qui ont fait fléchir la courbe de l’histoire. Et ces gens ont besoin que leur descendance fasse fleurir leur mémoire. Ils ont besoin que nous crions notre fierté d’être sortis de leurs entrailles ».

Les mariages doivent donc se faire au sein de la communauté.Mais l’amour ne saurait se soucier de ces barrières érigées par les hommes. La belle et étincelante Anna-Maria do Mato (Agouda) entretien une liaison amoureuse avec Pierre Kpossou qui n’est pas Agouda !

Exaspération dans la famille do Mato. Menaces, intimidations; ils feront tout pour dissuader leur fille de poursuivre cette relation.

« Ton minable amoureux le connais-tu ? Tu sais de quelle boue il sort ? (…) Non seulement il est de la mauvaise souche, mais ses ancêtres ont été des serviteurs zélés des négriers. Ce sont ses arrières grands-pères qui nourrissaient le commerce des négriers en leur fournissant des esclaves… »

La mère prévoit même de la donner en mariage à Carlos Orlando Oquianoh, un Agouda.

Pourtant, comme dans toute belle histoire d’amour, les deux amoureux ne veulent pas se laisser intimider. Anna-Maria s’échappe de la maison où elle était enfermée et parvient à rejoindre Pierre.  Ce dernier s’est réfugié près de son oncle  dans une forêt  après avoir été battu par les frères d’Anna-Mato. Les deux amoureux savent qu’ils ne seront jamais en paix.

Désespérant de vivre leur amour comme ils l’entendent, Anna- Maria et Pierre s’entrainent dans la mer et se laissent noyer sous le regard impuissant des parents d’Anna et de la communauté Agouda…

Et ce fut tout.

Tout ? Non, le narrateur accompagne les deux amoureux dans le nouveau monde où ils se retrouvent. Séparés par la mort de ceux qui s’opposaient à leur union Pierre et Anna-Maria peuvent s’appartenir maintenant en toute liberté.

Mais tu n’es pas morte.

– Si je suis morte, Pierre. Comme toi, j’appartiens à la terre première. ( …) Toi et moi ensemble sur une ile déserte, toi et moi seuls à séduire le soleil. ( …) J’ai besoin d’habiter en toi maintenant que le silence a rempli nos vies et remusclé nos âmes. Viens.

J’aime tout en ce livre : le format, la couverture, le prix, le style de narration. En un mot c’est un bel ouvrage.

Une histoire qui montre qu’en tous temps et en tous lieux, les différences de classe, de race, bref de condition peuvent être un obstacle à l’amour le plus fougueux, à la passion la plus forte. Et les conséquences sont parfois…

Les fantômes du Brésil une histoire émouvante et riche d’enseignements. Et n’est pas pour rien qu’il est depuis peu, inscrit au programme scolaire au Bénin. Cela veut tout dire…

Je salue le travail de l’auteur, des éditeurs et de l’imprimeur. Ce livre me satisfait pleinement.

Ma notation : 4/5.

Et vous? Avez-vous déjà lu ce livre ? Qu’est ce qui vous y a plu ou déplu ?

Mon projet de lecture pour février

Mon projet de lecture pour février

Le mois de février est marqué par la date du 14. Saint valentin, fête des amoureux. Et comme je ne connais ni biographie ni bibliographie sur ce fameux saint Valentin ; j’ai décidé de lire dans le mois uniquement des romans qui parlent d’amour. J’ai bien dit romans qui parlent d’amour et non forcément des romans d’amour. Read more