Publié dans Lu pour vous

Meurtre à la Pendjari de Modeste Gansou Wéwé : les dérives de la soif du pouvoir

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Après son roman, Le mal d’aimer, Prix Plumes dorées 2010, Modeste Gansou Wéwé écrivain béninois publie en 2015 chez ‘’ Les Editions Plurielles’’ Meurtre à la Pendjari, son deuxième roman.

Le récit commence au Parc de la Pendjari, une réserve de faune dans le Nord du Bénin.

C’est dans cet endroit paradisiaque que Sylvère Yémalin et son épouse Anaïs Vézinou s’offrent des vacances. Pour être plus précis, ils y fêtent leurs dix ans de mariage.

Mais pour Sylvère ces vacances se transforment très vite en cauchemar. Le corps d’une femme qui semble être son épouse est découvert calciné.

Les premiers éléments tendent à incriminer le mari. Il est aussitôt jeté en prison, surtout que le père de la victime est un puissant ministre de la république, prétendant à la présidence. Il usera de toute son influence pour faire appliquer la loi du Talion à Sylvère Yémalin.

Sa vie en prison n’a rien à voir avec ce qu’on voit dans les films américains où les prisonniers ont chacun leur lit, jouent au basket et écoutent de la musique… Non, l’ami !

L’auteur décrit l’horreur du système carcéral béninois  : « Dans ce réduit d’environ vingt mètres sur huit, ils étaient presque obligés de se tasser les uns contre les autres. Ajoutée à cela, l’odeur pestilentielle, mélange d’urine et d’excréments humains, qui emplissait la pièce ».

Sylvère est victime d’une tentative de meurtre commanditée par son beau-père… Il s’en sortira par miracle. Cependant, tout laisse supposer que le puissant ministre va récidiver pour définitivement venger la mort de sa fille. Sylvère est donc toujours en danger.

Alors que le procès commence et qu’il devra déboucher sur la condamnation à mort de Sylvère, son ami et avocat Jean Paul Binon se transforme en détective et réunit les preuves de son innocence… A la fin du récit, le lecteur découvrira soulagé ce qui suit…

Anaïs Vézinou a été kidnappée par Kora Takoradi, un adversaire de Stanislas Vézinou tous deux étant candidats au poste présidentiel.

Une femme ayant assisté à l’enlèvement de Anaïs fut tuée, revêtue des vêtements et bijoux de Anaïs puis brulée…

Grace à Jean Paul Binon et à son épouse, Anaïs sera sauvée in extremis – Kora Takoradi prévoyait de la faire tuer pour de bon. Alors les charges retenues contre son mari sont levées. Les deux époux après des mois d’une séparation qu’ils croyaient éternelle, se retrouvent enfin.

Happy end. Coupez !

 

Dans la forme, j’aime tout en ce livre. Du blanc immaculé des pages à la taille de la police en passant par le format.

Dans le fond, c’est un roman qui se lit avec attention, écrit avec un style très simple et débarrassé de fioritures.

Partant d’un fait divers Modeste Gansou Wéwé décrit avec fidélité la société béninoise actuelle.Une société où la politique fait la loi !

D’ailleurs je me suis aperçu avec un certain étonnement que même dans ce livre où le héros est sans doute, Sylvère Yémalin, les personnages principaux sont plutôt les rivaux politiques Stanislas Vézinou et Kora Takoradi. C’est eux qui contrôlent le cours du récit.

Les deux hommes politiques ne sont pas si différents que ça, puisqu’ils utilisent les mêmes moyens : trafic d’influence, injustice ou encore achat de conscience : « Dans les coulisses, de l’argent circulait à flots, enracinant davantage la corruption qui n’entendait pas se laisser battre ». 163

L’auteur a une fine connaissance du système judicaire qu’il décrit avec une aisance à vous donner envie d’y faire carrière.

Palpitant, émouvant, captivant, ce livre est parfaitement adapté aux périodes électorales.

Après lecture de ce fabuleux récit on réalise que la politique – et plus précisément la quête du pouvoir – est une drogue qui à une étape dépendance peut être fatale à son sujet !

Le monde politique est une jungle où la pitié n’existe pas. Les faibles succombent, cela va de soi.

  • Tu es un monstre, murmura Anaïs Vézinou.
  • Non, je suis un politicien, juste un politicien.182

 

 

Auteur :

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