Publié dans Poèmes

Reste un peu By Jovinvio Kpehounsi

Février mois de l’amour sur saveurs livresques. Poème 10/28.

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pixabay.com

Ne t’en vas pas.

Et comment puis-je être moi si tu emportes mes émois ?

Pourquoi laisser en chantier

Mon bonheur tout entier ?

Le cri des crotales et des serpents à feux

Me parvient  déjà ;

Et mon âme que tu as arrachée à la solitude

Retourne tristement à ses amères habitudes.

Reste au moins jusqu’au soir du prochain jour

Pour permettre à mon amour

De vivre pendant encore un instant.

Reste pour que les éclats de ton sourire

Colorent les parois de mon existence.

Tu as déjà pris tous les déserts et les vacuités

De mon cœur, pourquoi maintenant veux-tu

Créer de nouveaux déserts, de nouveaux vides ?

Ne t’en vas pas, je te prie. Reste une heure de plus.

Prolonge d’une éternelle heure mon pauvre bonheur.

Je dessinerai tes yeux sur mes lunettes pour ne voir que toi.

Je corromprai les quatre vents pour que l’orient et l’occident

Ne portent désormais dans leurs ailes que le murmure de ta voix.

J’apprendrai à être prince, pour mieux te servir.

Conquérant de tous les temples sauvages, je volerai leurs trésors

Que je déposerai à tes pieds.

Je veux que tu habites sous mon toit

Comme tu habites déjà en moi.

Ne t’en vas pas. Il m’étonne que j’aie à te supplier

Mais mes genoux se sont fléchis, se sont pliés

Avant que ma tête n’ait pu réfléchir.

Je n’entends que cette douleur qui me déchire,

Cette douleur qui s’approche et s’empire

A mesure que tu t’éloignes.

Mon âme s’est féminisée depuis que gronde

Dans le ciel de ma vie le terrible orage de ton départ.

Ne t’en va pas. Je t’apporterai les fleurs et les fruits

De tous les jardins, de toutes les grottes et de toutes les saisons.

Mais ne me laisse pas, femme. Il y a tant de toi dans ma vie !

J’ai dit ton nom aux astres et aux étoiles, j’ai parlé de toi aux galaxies

Je ferai même mieux si tu le veux.

Je marcherai sur des sentiers de feu, je courrai sur des champs de guerre

Et si ce n’est assez des dangers,

Je pleurerai dans les cathédrales, sous les statues de la Vierge.

Je laisserai à la brise le soupir de mon cœur

Et à l’océan le torrent de mes larmes

Jusqu’à ce que tu comprennes quel volcan me dévore

Quelle ardeur me consume.

Ne me laisse pas, parce que c’est du cristal de ton rire que je me nourris.

Ne me laisse pas, tu es l’autre bout de moi.

Ne me laisse pas, je suis ton ami et ton frère,

Ton homme et ton guerrier.

Ne me laisse pas, je t’aime.


Jovinvio Kpehounsi

Auteur :

Bienvenue sur saveurs livresques. Le blog littéraire qui ne constipe pas.

12 commentaires sur « Reste un peu By Jovinvio Kpehounsi »

  1. Je fais mien ce poème exquis qui me rappelle une chanson de…je ne sais plus qui. Mais je repars chez moi avec ces vers fruitifs :
    « Je dessinerai tes yeux sur mes lunettes pour ne voir que toi.

    Je corromprai les quatre vents pour que l’orient et l’occident

    Ne portent désormais dans leurs ailes que le murmure de ta voix. »

    Aimé par 1 personne

  2. 《Mais ne me laisse pas, femme. Il y a tant de toi dans ma vie !》Belle inversion du « Laisse moi femme  » habituel des foyers africains. Et….quelqu’un a t’il pu mesurer la profondeur profonde de ce « Il y a de tant de toi dans ma vie! « .Ce vers est simplement divin.

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