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Lettre fermée au frère buffle mort pour mon déjeuner.

buffle
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Frère buffle,

L’autre jour dans un restaurant qui sert de la viande de brousse, je vous ai eu à déjeuner.

Je me dois de vous informer que ce fut un honneur et un privilège pour mon modeste appareil digestif de prendre en charge quelques morceaux de votre viande. C’était la première fois, vous savez…. Non, vous ne pouviez pas savoir mon frère !

Somme toute, ce fut, je vous le dis tout de suite, une belle découverte.

Je fus agréablement surpris, mon frangin, car vous prenant pour l’animal le plus fort de la savane, je me disais que votre chair serait dure, difficile à mâcher. Un peu comme votre cousin le bœuf.

Or sans vouloir vous flatter, sachez que mes canines n’eurent aucun mal à vous dévorer.

Il faut rendre justice aux cuisinières. Votre viande fut bien traitée, bien assaisonnée, bien grillée, nom d’un buffle !

Ainsi, si dans votre agonie, vous vous demandâtes, pourquoi les humains, abrégeaient le nombre de vos années, sachez maintenant, cher frère buffle, que vous ne mourûtes pas en vain.

En effet, des dizaines de personnes ont mangé de votre chair et en ont été émerveillées.

Je pense humblement que vous pouvez en être fier.

Il a fallu votre trépas pour que je me rende compte à quel point vous êtes succulent. Cela me désole ! Mais mettez-vous à ma place !  Je sais que ce n’était pas nécessaire.je sais que j’aurais pu me passer de manger de la viande de buffle une fois dans ma vie. Mais … Mais…

Vous aussi, frère buffle – je sais que comparaison n’est pas raison – vous aussi mangez  des herbes qui sont vos frères. Ne me dites pas que jamais vous n’avez abusé.

Bref, je voudrais seulement que vous trouviez dans cette lettre, l’expression de mon hommage.

Votre frère omnivore.

P.S La digestion fut cependant un peu délicate. Vous fites trois jours et trois nuits dans mon ventre. Je ne sais pas si c’était par vengeance, mon frère. Je suis désolé… Nous les humains, ne sous sentons maitres de la terre que quand nous soumettons les autres êtres.

Frère buffle, vous pouvez maintenant vus considérer comme bienheureux. Vous n’aurez plus plus à supporter les caprices de nous les humains.

Désy Ray.