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Ce que le livre doit à l’environnement Par Alex K-do accro aux livres et écologiste .

 

livre environnement

Comment concilier Fabrication de livre et Écologie ? Souvent les gens perdent facilement de vue l’impact que la fabrication du livre, du papier peut avoir sur la sécurité de notre Écosystème. Nouveau, achetons ce nouveau livre à la librairie du coin. Un livre que de toutes les façons nous n’allons pas jeter à la poubelle après lecture. Nous le gardons dans notre bibliothèque. Nous le prêterons peut-être à des amis si nous ne sommes pas trop pingres. Alors il est où le problème Monsieur Écolo ?

Bah, le problème il n’est pas ici devant toi là maintenant mais loin là-bas, avant même l’étape où l’on dépose ton livre sur l’étagère de la librairie.

Avant d’imprimer les bouquins en imprimerie, on a besoin de papier donc de pâte à papier dans un premier temps. (Oui ! Le papier ne tombe pas (encore) du ciel).

Mais comment fabrique-t-on la pâte à papier ?

La principale matière première de la fabrication de la pâte à papier provient des arbres (les eucalyptus, les peupliers, etc.) La pâte à papier est faite d’un mélange de fibres de bois et d’eau. Le bois est écorcé, broyé mécaniquement et cuit avec des produits chimiques. (Lisez-bien CHI-MI-QUES)

 

Cycle du livre

La production du livre participerait-elle à la déforestation ?

En effet, il faut 2 à 3 tonnes de bois pour fabriquer une tonne de papier classique. Dans le monde, 1 arbre abattu sur 5 est consommé par l’industrie papetière. (Source : ecoinfo.cnrs.fr) Ces chiffres sont vieux de 8 ans. Aujourd’hui, je me dis qu’ils se seraient encore alourdis. Avec le besoin croissant de papiers, les forêts primaires sont détruites et remplacées par la plantation d’arbres comme l’eucalyptus. Ce n’est donc plus la flore seulement qui se trouve menacée mais la faune qui y vit aussi.

Appétit vorace pour l’eau et l’énergie

L’industrie papetière se classe au 2nd rang en consommation d’eau douce. Elle serait aussi à l’origine de 1,05% des émissions globales de gaz à effet de serre. (Source : ecoinfo.cnrs.fr)

Dans les différentes étapes de la conception du livre papier, se trouve entre autres le transport des matières premières (bois) et de la pâte blanche d’un point à un autre parce qu’elle est souvent importée. Ce transport génère des émissions de gaz à effet de serre. Une fois la pâte à l’imprimerie, plus d’une activité nécessiteront l’utilisation du courant électrique.

Alors que faut-il faire ? Arrêter la fabrication du livre en papier ?

Non… quelle idée ! Comment se séparer du plaisir du toucher de la matière papier, de humeur l’odeur du neuf dans les pages, l’odeur de l’imprimerie. (C’est vrai que le livre numérique devient une alternative sérieuse mais c’est là encore un autre débat). On ne peut pas cesser de lire pour autant. On ne peut cesser de produire du papier pour nos imprimeries quand bien même je pense que le livre numérique est plus respectueux de la nature que le papier. Nous pourrions proposer aux structures de fabrication de pâte à papier de s’investir dans le recyclage des papiers journaux (ces papiers qui généralement n’ont d’intérêt que pendant une journée), les vieux papiers et les cartons inutiles.

Je trouvais important qu’en tant qu’amoureux de la lecture, nous soyons au courant de ce que nous devons à l’environnement. Qu’ensemble nous trouvions une manière d’équilibrer la balance, de réparer les dégâts que notre passion encourage.

Réfléchissons-y correctement ! En fait, je pense qu’un amoureux de livre devrait aussi être un amoureux de la nature, une personne que la dégradation de l’environnement interpelle. On pourrait ensemble créer un mouvement d’action dans ce sens. Qu’en pensez-vous ? Je ne sais pas le nom qu’on donnerait à un tel mouvement. Peut-être… « Planter des livres » ou « Un livre lu, un arbre à planter.» Si vous devriez planter autant d’arbres que de livres que vous avez lus, combien d’arbres auriez-vous déjà plantés en 2018 ?

Parlez-moi de vos idées de choses à faire, d’actions à mener.

 

** Chiffres et statistiques vérifiables sur [https://ecoinfo.cnrs.fr/2010/11/23/les-impacts-de-la-fabrication-du-papier/]

 

 

 

Alex K-do

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Miroir, mon beau miroir / Lucie Charlène

Aujourd’hui, et comme à chaque fois, Lucie Charlène nous entraine, avec sa plume glaçante dans un monde étrange, où être ange ne suffit pas pour être heureux. Surtout si on possède un miroir ! Consommez et laissez-nous vos avis, si vous voulez bien…

***

Miroir, mon beau miroir

La formule de la reine Régina ne fonctionne pas toujours dans le même sens. Miroir, mon beau miroir, tu me réserves quelle frayeur aujourd’hui ? Cette phrase résume mon cauchemar. Oui, je sais que mon histoire vous paraîtra tirée par les cheveux mais je vous le jure, c’est la pure vérité. Je ne suis pas folle. Aucun de mes sens ne me trompe. Je vous assure être en possession de tous mes moyens…
Cette histoire je l’ai racontée  plus de mille fois mon ami. Tu es désormais la seule personne à qui je voudrais bien me confier. On me dit folle, mais je suis pourtant consciente de tout ce que j’ai vu ce jour. J’en suis bien consciente. Tu sais depuis bientôt douze mois, je ne sais plus à quoi je ressemble. J’ai peur du miroir. Ou du moins, je ne sais pas. Je ne sais pas trop ce qui m’effraie. Les médecins m’ont fait dire la même histoire des milliers de fois. J’ai cessé de parler au vent, le jour où je me suis rendue à l’évidence qu’il ne me prenait pas au sérieux. J’ai fait le tour de trente centres psychiatres  en moins d’une année. En moins d’une seule année, je connais sur le bout des doigts tous les psychiatres du pays. Mon ami, je te disais que j’ai peur du miroir. Le miroir n’était que le début de mes cauchemars. Ecoute-moi…
Il était 20h, je revenais de chez ma coiffeuse. J’étais belle à croquer mais les tresses me faisaient très mal. Comme on le dit, il faut souffrir pour être belle. Je pris un antalgique pour calmer la douleur. J’avais mal certes, mais j’étais si satisfaite de ma tresse que je ne cessais de me mirer. Tu connais bien la formule magique, « miroir, mon beau miroir dis-moi qui est la plus belle »… Pour ne point être dérangée, je pris la peine de fermer la porte à double tour. Je m’étais assise devant le miroir faisant toutes les mimiques possibles. J’étais seule dans mon appartement. Je m’ennuyais. Alors je me suis mise à parler à cet autre moi que je voyais dans le miroir. Je me parlais, souriant et fronçant les sourcils. Ce fut à cet instant que je remarquai une petite tâche noire sur mon beau miroir. Je saisis mon sac à main, en pris un torchon et me dirigeai vers le miroir. Mais ce fut au moment où je m’attelais à enlever la tâche, que quelque chose d’étrange se produisit. Le moi réel nettoyait le miroir, mais le moi virtuel faisait autre chose. Un miroir n’est-il pas censé refléter la réalité ? Mais ce miroir ci faisait autre chose. Une douce frayeur s’empara de tout mon être. J’en demeurais paralysée. Je ne pouvais ni crier, ni faire le moindre geste. Je fis un effort surhumain pour me passer la main dans les cheveux, attendant la réaction du moi du miroir. Comme il faillait s’y  attendre, le moi virtuel au lieu de se passer la main dans les cheveux, mit la main à la tempe et me lança dans un rire narquois : ‘’Tu es pathétique ma chérie ! ‘’La seule chose dont je me souviens après fut d’avoir poussé un cri strident.
Le lendemain matin, je me suis réveillée dans ma chambre. J’appris par la suite que ce furent les voisins qui étaient venus à ma rescousse. Ils m’avaient juste trouvée inerte, étendue sur le sol. Selon eux, j’avais dû faire un cauchemar. Je n’osais pas leur dire ce qui s’était passé. Je profitais juste de leur présence pour regarder à nouveau dans le miroir. Mais rien ne se passa. Je pris un somnifère pour avoir un semblant de paix. Dans l’après-midi, à mon réveil, je me dirigeai vers le miroir, mais rien ne passa non plus. J’avais sûrement dû faire un cauchemar. Rassérénée, je m’assis paresseusement dans le canapé en prenant mon antalgique. J’avais toujours mal au crâne. Je n’avais pas envie de sortir. Je n’avais envie de rien. Je m’endormis à nouveau. Le soir venu, je m’apprêtais à me rendre à une soirée organisée par mes copains de la fac quand la même scène se reproduit. J’étais en face du miroir, appliquant mon maquillage quand je vis mon reflet se brosser les cheveux.
A mon réveil, le soleil avait déjà pris place dans le ciel. Les voisins me questionnaient du regard. Je dus malgré moi leur raconter mon étrange histoire. Evidemment, ils ne crurent pas un seul mot. On prit le miroir, on l’insulta, on lui jeta de l’eau à la face, il ne répondit pas. Pour me rassurer complètement, on brisa le miroir et les débris furent jetés à la poubelle. Le miroir brisé, je me sentais libre, mais mon cauchemar ne faisait que commencer.
Douze jours après ces événements, la vie reprit son cours normal. J’avais un autre miroir qui ne me faisait pas des misères. Tout allait pour le mieux. Ou tout semblait aller mieux. Le treizième jour pourtant, je vis mon monde s’effondrer. Le semblant de quiétude qui m’avait habité ces douze jours s’évanouirent dans ma démence. Mon nouveau miroir fut atteint du syndrome du moi démoniaque. Mon nouveau miroir contrairement à l’ancien ne se contentait pas de faire le contraire de ce que je faisais, non. Mon nouveau miroir avait donné vie à mon moi virtuel. Je pouvais me voir manger ou boire de l’eau. Bref, des choses que je ne faisais pas. Parfois, je rentrais à la maison et retrouvais tout en désordre. Le moi virtuel n’avais aucune limite. Je finis par m’habituer au fil des jours à vivre avec ce moi calamiteux. Je m’entendais parler, chanter, rire. J’en devenais folle, mais je restais stoïque.
Un jour pourtant, je perdis la tête pour de bon. Du retour du marché, je vis la maison en feu. Personne n’avait survécu. Quelques passants soutenaient m’avoir vu lancer un briquet et prit la fuite. Je fuis arrêtée pour homicide volontaire. Lorsque je racontais mon histoire aux juges, ils me prirent pour folle. Ce fut ainsi que je fus condamnée à parcourir tous les centres psychiatriques du pays. Depuis quelques temps, je me sens mieux. Le moi virtuel n’est plus revenu. Tant qu’il n’y a pas de miroir, il y a l’espoir.

Demain je rencontre un autre psychiatre. Il dit avoir une méthode révolutionnaire pour m’aider à affronter ma peur des miroirs. Décidément personne ne me croit.
Voilà mon ami, c’est aujourd’hui que le docteur machin chose vient me chercher pour ma première séance de thérapie. On m’a mis une camisole de force. Il m’a conduit dans une grande salle calme et fraîche. Il m’a fait assoir  et m’a posé des tas de questions puis m’a laissé. Je me sentais mieux. Je reprenais espoir. Mais mon espoir ne fut que de courte durée. Tout s’évanouit quand j’entendis ce fameux « allez-y ». Je n’eus pas besoin de demander quoique ce soit. Les faits répondaient d’eux-mêmes. Des miroirs sortirent de nulle part et tapissèrent chaque mur de la pièce. Je me retrouvais dans un cercle infernal. Entouré de miroir de part et d’autre. Je criais, je suppliais mais personne ne m’écouta. On me dit que c’était pour mon bien. Je suis fini.
Une demi-heure après l’avoir laissé dans la chambre, je n’entendis plus aucun bruit. Nous crûmes mes collègues et moi qu’elle s’était enfin calmée. Je me félicitais d’avoir pu soulagé cette pauvre enfin. Mais deux heures après, ce trop grand calme me parut étrange. Je courus à la chambre où je l’avais laissé il y avait quelques instants. J’ouvris la porte avec fracas et le spectacle qui s’offrait à mes yeux était des plus horribles. Elle s’était entaillée la chair.
-Elle s’est suicidée fit un de mes collègues. La pauvre. C’est peut-être mieux.
On aurait dit qu’elle s’était défendue de toutes ses forces. La salle laissait apercevoir des traces de combat. Son regard vide laissait encore voir toute la frayeur qu’elle avait vécue. Mais contre qui voulait-elle se défendre puisqu’elle était seule ? Non, c’était sûrement un suicide. On en était là à conclure au suicide quand quelque chose attira mon attention. Un mot écrit au sol du sang de la victime peut-être: ‘’Tu es pathétique ma chérie ‘’! Un frisson me paralysa. Mes collègues ouvrirent grand leurs yeux. La morte n’avait pas de trace de sang aux doigts. Qui avait pu écrire cela ?
Dix ans plus tard, je me réveillais d’un long coma. Je ne me souviens pas avec exactitude de ce qui s’était passé. Juste un cri et des coups de couteau.

Fin


Lucie Charlène