Publié dans Chroniques

Bande de lecteurs, ne tuons pas l’écrivain béninois.

Je sais. Je me suis levé du mauvais pied (Je ne sais plus si c’était le gauche ou le droit).
Aujourd’hui j’aimerais nous interpeller, amoureux du livre sur notre responsabilité quant au bien-être des écrivains. Ces hommes et femmes qui comme je le dis souvent, passent des nuits blanches à noircir des pages, afin de nous offrir des (bonnes) heures de lecture, et du bonheur (bien souvent).

lecteurs CAEB

La situation de l’écrivain béninois
J’espère que vous ne trouvez pas le titre de l’article trop provocateur. Au début, je voulais mettre « ne tuez pas », mais ça faisait genre, donneur de leçons. Or je suis bien conscient que comme vous, j’ai aussi ma page ou mon billet de banque à apporter à l’édifice littéraire béninois.
J’ai dit billet de banque ? Ça tombe bien. Car aujourd’hui, il sera question de comment et pourquoi nous devrions être des soutiens matériels pour nos auteurs.

Nous le savons tous… L’écrivain béninois ne vit pas de sa plume. Il essaye de ne pas en mourir. Et croyez-moi ceci n’est pas une caricature. D’aucuns qui ont très tôt compris l’adage du Aide toi et le ciel t’aidera, épargnent des années durant pour se faire éditer. Vous verrez carrément d’autres se muer en vendeurs à la sauvette dans les feux tricolores, ou s’invitant maladroitement dans les établissements scolaires et ou dans les bureaux des administrations…Après donc le dur labeur de l’écriture, voilà l’autre labeur de la promotion et la distribution de l’ouvrage qui commence. Labeur ingrat disons le tout de suite.

Certains d’entre vous qui lisent la presse spécialisée me diront : « Arrête ton char Désiré. Ce n’est pas ce que tu crois. Ailleurs, la plume n’est pas plus verte. Savais tu, toi monsieur le pseudo défenseur des écrivains béninois qu’en France , le pays de Victor Hugo, d’Alfred de Vigny ,les écrivains ne sont pas mieux lotis hein ?
Savais tu que seuls quarante écrivains français sur les mille sept cent répertoriés par les services de sécurité sociale vivent de leur plume ? Et que la grande majorité vit dans une situation précaire ?
Bon maintenant tu le sais. »

Mais attention je n’ai jamais dit qu’il fallait offrir des jets à nos écrivains. Je demande, je souhaite que nous soyons des lecteurs responsables, de meilleurs lecteurs.

Il existe en effet, à mon avis, trois types d’amoureux du livre au Bénin :

L’ami intime.
C’est l’ami de l’écrivain. Une amitié affichée comme un privilège : « Je suis pote avec tel écrivain -« Hein telle auteure ? C’est une copine. Oh tu sais, je connais du monde dans le milieu littéraire ».Mais cette amitié comme on s’en doute n’implique aucun soutien à l’art de l’écrivain. Au contraire, l’ami s’en sert pour obtenir des livres gratuitement !

– Mon frère. il paraît que tu as sorti un livre, et tu ne m’as même pas envoyé mon exemplaire !
C’est ainsi que certains écrivains, après avoir sué pour sortir un livre, se retrouvent généreux donateurs de leurs œuvres. Celui qui n’a pas contribué à éditer, ne peut pas demander des livres gratuits. D’ailleurs c’est une expression qui sonne mal à mon oreille : Livre gratuit .Entre parenthèses c’est d’ailleurs pourquoi j’ai soutenu la campagne de crowfunding qui a donné naissance au roman Celle qui ne devrait pas naitre de Sèna Agbofoun.

Le collectionneur de pdf.

J’en rencontre de plus en plus. A vrai dire ils sont légions. Quand je présente sur mon blog, un livre béninois, il n’est pas rare que certains d’entre vous me disent en message privé : « Désiré, c’est bien présenté. Ca donne envie. Envoie-moi le pdf s’il te plait… »
D’abord très peu de livres béninois existent en version numérique. Ensuite si on devait partager les versions numériques entre potes, comment l’auteur pourrait-il à défaut de faire des bénéfices, rentrer dans les fonds investis ?
Pas de livres gratuits s’il vous plait !

Enfin le lecteur engagé (une espèce en voie d’extinction celui-là)
Il paye les livres quand il peut, ou alors les lit à la bibliothèque.

De la responsabilité des lecteurs

Je pense vraiment que nous avons une grande responsabilité dans le bien-être des écrivains.
Imaginez que vous fassiez un travail qui ne soit jamais rémunéré. Les likes et les félicitations sur les réseaux sociaux, ne font pas vivre l’écrivain. Ils ne sont pas convertibles en frais éditoriaux.
Beaucoup de manuscrits dorment dans les tiroirs, parce que les auteurs ne sont pas encouragés par le public. Déjà il y a très peu de lecteurs, ensuite si ce petit nombre doit encore chipoter avant de s’acheter un livre, je vous dis que c’est vraiment mal barré pour les écrivains.
Je ne dis pas qu’il faille payer des livres, juste pour faire plaisir aux écrivains. Je dis simplement que pour lire, il faut payer ! Et vous payez pour deux, d’abord pour vous parce que lire c’est en apprendre un peu plus sur soi et sur le monde, ensuite vous payez pour l’écrivain qui comme tout travailleur honnête a droit à un salaire et non à un sal air. ( Désolé, je pouvais pas le rater.)


Eurydoce Désiré GODONOU

Auteur :

Bienvenue sur saveurs livresques. Le blog littéraire qui ne constipe pas.

4 commentaires sur « Bande de lecteurs, ne tuons pas l’écrivain béninois. »

  1. « – Mon frère. il paraît que tu as sorti un livre, et tu ne m’as même pas envoyé mon exemplaire !
    C’est ainsi que certains écrivains, après avoir sué pour sortir un livre, se retrouvent généreux donateurs de leurs œuvres. Celui qui n’a pas contribué à éditer, ne peut pas demander des livres gratuits. »

    Rien à ajouter, cher Eury ! Nous aimons le gratuit, or il nuit.

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