De la nécessité de restaurer la lecture ! Par Didier VOITAN, documentaliste – Saveurs livresques

De la nécessité de restaurer la lecture ! Par Didier VOITAN, documentaliste – Saveurs livresques

Une enquête réalisée par l’INFODOC en 2013 donne froid au dos. En effet, selon cette revue, deux apprenants sur trois au Bénin n’ont jamais visité la bibliothèque de leur école ou un centre de lecture. Pourtant, les avantages de la lecture sur l’être humain sont d’une importance capitale.
La lecture est la meilleure source de divertissement comme les spectacles, les jeux et le sport. Plus qu’une simple distraction, la lecture développe la pensée créative. L’esprit des lecteurs commence à travailler immédiatement une fois qu’ils se mettent à lire. Lorsque, nous lisons par exemple un roman ou une nouvelle, notre imagination se transporte tout de suite dans un monde complètement nouveau. « J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot », disait Honoré de Balzac pour ainsi dire que la lecture est une ouverture sur un monde enchanté, un nouveau monde où de nouvelles découvertes se font et se créent.
En outre, le fait de lire aide à enrichir son vocabulaire et à renforcer son emprise sur la langue. Chaque fois que nous lisons un roman ou un ouvrage quelle que soit la nature, nous découvrons toujours de nouveaux mots. En effet, la lecture est très bénéfique pour améliorer notre bagage langagier. Elle nous permet de faire travailler notre mémoire, de réviser sans effort notre orthographe et d’apprendre à nous exprimer correctement et éloquemment.
La lecture nous procure aussi un plaisir en nous détournant du réel où l’on vit, favorisant ainsi l’oubli des soucis et du stress du quotidien. Elle est donc une expérience rajeunissante puisqu’elle relaxe tout notre être, détend nos nerfs et nos sens et nous permet ainsi de nous reposer et de nous ressourcer.
La lecture développe chez le lecteur de bonnes valeurs comme la tolérance et l’ouverture d’esprit. Elle va même jusqu’à élargir notre horizon en nous faisant connaître les autres cultures et les autres religions. C’est un éveil de l’âme et du cœur. On lit pour s’informer, s’instruire et se cultiver.
Mais hélas !
Combien sommes-nous à lire un livre par jour, par semaine, par mois et par an ?
Combien de jeunes éprouvent-ils le désir d’aller vers les livres aujourd’hui ?
Combien alors fréquentent les bibliothèques ?
A part quelques jeunes férus du livre ou quelques intellectuels passionnés du livre, l’Africain en général, le béninois en particulier, porte peu d’intérêt aux livres et à la lecture.
Les télévisions et les réseaux sociaux ont contribué à la désaffection des jeunes vis-à-vis de la lecture. Presque tous les jeunes préfèrent l’Internet, les portables et la télévision qu’aux livres. C’est justement ce que révèle une étude réalisée par le Centre National du Livre (CNL) en France en 2016 qui soutient que le temps que les jeunes de 7-19 ans consacrent à la lecture ne fait pas le poids face à la Télé et l’Internet. Les jeunes consacrent en moyenne trois heures par semaine à la lecture (contre 7 h 30 par semaine à la télévision et 8 heures à l’Internet).
Conséquence : la jeunesse n’a plus de repères. Les vices s’installent dans leur rang avec par exemple le phénomène de la cybercriminalité et la dépravation des mœurs, hypothéquant ainsi le développement de nos nations.
Au plan scolaire, le niveau des apprenants laisse à désirer. Des notions grammaticales mêmes des plus élémentaires sont jetées aux oubliettes. Les jeunes préférant de plus en plus le langage des textos et autres codes dévalorisant la langue de Molière. Quel désastre mondain !
Heureusement, dans ce décor, certaines structures comme le C.A.E.B et la Fondation Vallet, telles des sentinelles veillent au grain, notamment à travers des mesures incitatives et novatrices encourageant la lecture. Une génération consciente émerge depuis peu pour redonner à la lecture la place qui lui revient dans la société. Les efforts conjugués du réseau de bibliothèques CAEB/Fondation Vallet portent ainsi leurs fruits donnant de fait, l’espoir que le Bénin retrouvera son statut de quartier « Latin d’Afrique ».
Conscient qu’une seule hirondelle ne fait pas le printemps, il urge que les différents acteurs à divers niveau de la chaine éducative au Bénin jouent leur partition.
Que l’Etat accompagne les structures ou les ONG intervenant dans le secteur de la promotion du livre et de la lecture ;
Que les parents suscitent chez les enfants le désir de lire, les encourager à visiter les bibliothèques et les centres de documentation ;
Que les bibliothèques aussi renouvellent régulièrement leurs fonds documentaires avec des ouvrages de qualité adaptés au programme en cours sans oublier l’apport des nouvelles technologies pour une meilleure documentation : Pourquoi pas le Web-documentation ou la documentation électronique !
En guise de conclusion, nous faisons nôtres cette pensée de Simone de Beauvoir : « La clé du monde est dans les livres ». Allons la chercher à la bibliothèque !
A bientôt !

Signée Didier VOITAN, Documentaliste en service au CAEB-Parakou.

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