Première édition du Grand Prix littéraire du Bénin : poètes et romanciers recalés ! – Saveurs livresques

Première édition du Grand Prix littéraire du Bénin : poètes et romanciers recalés ! – Saveurs livresques

Grand prix littéraire du Bénin : une première édition qui fera date !

Hier à Cotonou a eu lieu l’épilogue de la première édition du Grand Prix Littéraire du Bénin.

Le fait marquant a été la non –distinction de lauréats dans  deux genres littéraires à savoir : le roman et la poésie.

Avant de donner mon avis – qui ne compte pas – sur ce fait, il me plait de prendre quelques secondes pour féliciter le Ministère de la Culture et du Tourisme et sa Direction des Arts et du Livre qui ont concrétisé cette première édition de ce qui est appelé à devenir le plus prestigieux prix littéraire de notre pays le Bénin.

C’est au Bénin Royal Hotel que le 15 novembre 2018 que Oswald Homeky, alors Ministre du tourisme, de la culture et des sports, et le Directeur des arts et du livre (Dal), Koffi Attédé lançaient ce prix.

Un peu plus d’un an plus tard, la promesse a été tenue.

Le Grand prix littéraire du Bénin remplace le Prix du président de la République. Contrairement à ce dernier qui ne prenait qu’un genre littéraire à chaque édition, le Grand prix littéraire du Bénin  a dès sa première édition pris en compte cinq genres littéraires.  Autant de lauréats étaient donc attendus.

Le Prix est assez bien doté et n’importe quel auteur serait fier de se le voir décerné. Le Bénin littéraire peut être fier de son Grand Prix !

Félicitations donc à de Anna Baï DANGNIVO pour  Sitou et la rivière de la nudité (Catégorie Conte) ;

Sèdjro Giovani Houansou pour  sa pièce La Rue Bleue (Catégorie Théâtre) ;

Roger Ikor A. GLELE et son recueil Le traquenard amoureux. (Catégorie Nouvelle).

Absence de lauréats romancier et poète à la première édition du Grand prix littéraire du Bénin : une bonne mauvaise idée !

L’histoire retiendra qu’à la première édition du Grand prix littéraire du Bénin, les romanciers et poètes béninois ont manqué à l’appel. On pourrait aussi dire que les jurés, dans ces deux genres littéraires,  ont trop répondu à leur appel…L’absence de lauréats dans ces deux catégories choque plus d’un. Et je dois dire que je fais  partie des déçus.

Je peux admettre que le jury fut audacieux. En prenant cette décision, il était censé savoir que l’écho ne serait pas forcément favorable.

Cela dit, quelle était la mission du jury ?

À mon humble avis, elle était simple : déterminer pour chaque genre, parmi les œuvres à lui soumis, la meilleure production littéraire. Celle-ci se verra attribuer le Grand Prix littéraire du Bénin. L’exercice était assez simple et pouvait se réaliser sur des critères objectifs.

Justement, dans un entretien accordé à Benin livres le docteur Fernand Nouwligbéto, président du jury final du Grand prix littéraire du Bénin, énonce les trois critères pris en compte par les jurés pour évaluer les œuvres. Il s’agit : du fond, de la forme, et de la fabrication du livre. Il ajoute que le jury était à la recherche de «  l’excellence ».

Ce sont des critères assez objectifs. Et je doute que tous les six finalistes aient tous eu zéro de moyenne.

Voici donc pourquoi le jury aurait pu décerner le prix au meilleur c’est-à-dire au moins pire de chaque catégorie :

  1. Les œuvres n’ont pas été produites à l’occasion ni dans le cadre du grand prix

En commençant l’écriture des leurs livres qui se sont retrouvés en finale, les auteurs ne visaient en aucune façon la participation au Grand prix. Les auteurs en lice n’ont pas eu des informations au préalable pour rendre leurs livres dignes du Grand prix. Et cela est tout à fait normal.

  1. De la cohérence

Le jury de la sélection était visiblement différent de celui de la finale. (Le contraire serait incohérent : un même jury ne peut envoyer des livres en finale et décider après coup, qu’ils n’en étaient pas dignes. Car ne nous y trompons pas : ne pas donner de prix, c’est décréter que personne ne méritait d’être en finale.)

À retenir : s’il existait des critères fixes déterminant la qualité des ouvrages qui pourraient prétendre au Grand prix, dès la phase de la sélection, tous les recueils de poèmes et les romans auraient été éliminés. On n’aurait donc pas eu ces genres en finale. Ce qui éviterait cet embarras aux finalistes !

  1. Qu’il faut faire avec ce qu’on a

Le jury était à la recherche de l’excellence. Apparemment il ne l’aurait pas trouvée en poésie et en roman. On en déduit que pour le jury, il n’y avait ni poètes ni romanciers véritables à cette première édition du Grand prix littéraire du Bénin.

J’ai plus haut salué l’audace du jury qui a assumé cette décision. Mais je pense qu’il aurait pu trouver une meilleure façon de montrer à nos romanciers et poètes qu’ils doivent mieux travailler leurs textes. En l’absence de l’excellence, on peut se contenter de l’assez bien.

En définitive, le jury final du Grand prix littéraire du Bénin a fait preuve de beaucoup d’audace. Il a peut-être estimé que les œuvres finalistes dévaloriseraient une récompense aussi prestigieuse que le Grand Prix Littéraire du Bénin.

C’est un coup dur pour les finalistes. Une exhortation à faire plus et mieux dans leur travail d’écriture. La leçon a été trop sévère.

Heureusement, aucun écrivain sérieux n’écrit dans l’optique de décrocher des prix.


Eurydoce Désiré GODONOU

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