Publié dans Chroniques

Décembre sur Saveurs livresques : « Le livre et la lecture en milieu scolaire » – Saveurs livresques

Bonjour chers accros aux saveurs livresques. Je suis Désiré Godonou (Désy Ray) administrateur de cette  cuisine livresque. Mes cuisiniers  et moi vous saluons bien. Nous espérons que jusqu’ici 2018 a été une année vivante, surtout grâce aux livres et à la lecture.

En début d’ année,nous vous avons offert :  »Février moi de l’amour ». Ce mois là, il y eu au menu : des poèmes, nouvelles, chroniques, notes de lectures sur l’amour. Certains d’entre vous nous ont même envoyé des textes que nous avons publiés sur le blog ou sur notre page Facebook. Merci !

Cette initiative a suscité votre enthousiasme. On se souvient de vos commentaires, vos encouragements, vos partages.  Tous ces gestes sont gravés dans nos cœurs pour des temps indéfinis.

Pour terminer cette année, nous vous présentons :  »Décembre moi du livre et de la lecture en milieu scolaire ».

Pourquoi ce thème ?

 L’équipe saveurs livresques est composée de professionnels du livre et de professeurs de français. Mis à part moi, qui suis un modeste bibliothécaire de montagne, tous les autres membres sont enseignants de français. Ah,  il y a Alex Kdo, promoteur du club de lecture  Livre ouvert,  et qui est un contributeur très généreux du blog.

 D’une façon ou d’une autre, nous sommes liés au monde scolaire. Et de part notre expérience, nous savons l’importance pour les élèves d’avoir accès à des ressources documentaires de qualité.

En consacrant ce mois au livre et à la lecture en milieu scolaire, nous voudrions exprimer notre souhait de voir le livre au cœur du système éducatif.  Jules Simon disait  » Le peuple qui a les meilleures écoles, est le meilleur peuple. S’il ne l’est pas aujourd’hui, il le sera demain. »

Je pense pour ma part que les meilleures bibliothèques font les meilleures écoles.

Le programme pour ce mois :

 Le programme est assez riche. Nous avons prévu une vingtaine d’articles dans les rubriques :

  • Présentation de quelques livres inscrits au programme scolaires. A cet effet, je voudrais vous inviter à lire ou relire mon avis sur la nouvelle liste des œuvres littéraires au programme de Français en République du Bénin . L’article  a été publié en  septembre et  est l’un des plus lus cette année. C’est la preuve que c’est un sujet très préoccupant.
  • Chroniques sur le sujet(l’existence des bibliothèques scolaires.
  • Interviews
  • Article invité.

 Nous espérons que cette thématique vous intéressera et que vous participerez aux discussions.

En tous cas, ne comptez pas sur nous pour ne pas compter sur vous ! Et si vous partagiez ce billet pour commencer ?

Ou alors dites-vous chers accros aux saveurs livresques : quelle est l’importance du livre en milieu scolaire?

Avez-vous fréquenté une école qui disposait d’une bibliothèque scolaire ?

Désiré Godonou, Administrateur de Saveurs livresques.

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« Celle qui ne devrait pas naitre » de Sèna Agbofoun :qu’il ne faut pas forcer l’amour !

Avant note de lecture.

Salut les gourmets livresques. Aujourd’hui, je vous parle avec beaucoup de joie du roman qui fait actuellement le buzz au Bénin et qui m’a récemment fait passer une nuit blanche : «Celle qui ne devrait pas naitre» de Sèna Agbofoun !

celle qui ne devrait pas naitre

Mais avant d’ouvrir les pages du livre, permettez-moi de dire quelques mots sur sa publication.

La spécificité de ce roman, c’est qu’il est le premier livre édité au Bénin grâce à une opération de financement participatif. Ce crowdfunding a été initiée dans le cadre du projet BuzzBook229, projet porté par l’écrivain Colince Yann auteur de La princesse du diable et de L’ivrogne de la Sorbonne.

Chaque participant à cette opération a reçu à son domicile un exemplaire du livre spécialement édité à son nom !

Étant donné le peu de soutien que l’État accorde au livre dans notre pays, j’ai toujours défendu l’idée que seule le mécénat et l’implication des communautés à la base pourrait sauver ce secteur et lui donner une vitalité réelle.

Opération réussie !

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Western Tchoukoutou de Florent Couao-Zotti lu par Habib Dakpogan

Wester tchouk

Prenez un western classique. Remplacez le désert par un relief proche du ciel par les montagnes ; substituez les chevaux à une moto routière irrattrapable. Faites du shérif un policier brutal et concupiscent et ajoutez-lui une petite cour de comparses dédaigneux de toute contrainte éthique. Placez au cœur de cette ménagerie une jeune fille délurée aux allures de bimbo, et un vieux poète à la complainte mélancolique. Mettez au comptoir de l’unique bar une Chinoise servant une liqueur atypique, rougeâtre et fort enivrante. Qu’obtenez-vous ? Quelque chose de purement béninois, customisé Natitingou, affecté d’un doux relent d’éthanol bien distillé. C’est du Western Tchoukoutou, dernier roman de Florent Raoul Couao-Zotti, paru aux Éditions Gallimard en février 2018. Lire la suite de « Western Tchoukoutou de Florent Couao-Zotti lu par Habib Dakpogan »

Publié dans Interview

Entretien avec Habib Dakpogan, Prix du Président de la République 2015

Habib Dakpogan

Saveurs Livresques : Bonjour Habib Dakpogan. Merci de nous faire l’honneur de répondre à nos questions. Vous êtes auteur-écrivain béninois. Vous êtes aussi chanteur et spécialiste en ressources humaines. Mais une question tout aussi banale : comment arrivez-vous à jongler avec toutes ces activités à la fois ?

 
Se sentir polyvalent est très déstabilisant. On a tendance à trop embrasser et faire n’importe quoi à la fin. Et on se dit : « Je me limite, c’est plus sécurisant pour le corps et l’esprit ». Au même moment, il y a un manque inouï qui ronronne, comme un appel de l’Art, comme un devoir compulsif de créer. J’ai mis du temps à me rendre compte que nous pouvons faire beaucoup plus de choses que nous ne croyons. Les capacités du cerveau sont énormes. Et notre énergie est beaucoup plus grande que nous croyons. Après il faut être passionné et audacieux. Vouloir quelque chose. Se sentir en mission pour partager. En définitive, nous n’avons pas le droit de laisser nos capacités en friche sans avoir essayé. Nous devons nous libérer de nos peurs, de nos barrières et ignorer les obstacles. Quand je l’ai compris, j’avance, difficilement, mais j’avance vers mes buts.

 

 

Saveurs Livresques : Quand avez-vous ressenti le besoin d’écrire ?

 
Mon père enseignant avait une immense bibliothèque à la maison. Depuis mes lectures scolaires, je mourais de fascination pour ces auteurs qui nous offraient tant d’odyssées sur place. Quand j’ai lu Notre Dame de Paris, j’étais en quatrième, et j’ai décidé d’être Victor Hugo, ou rien. Après, il y a eu la grande aventure poétique. Baudelaire, Birago Diop, de Banville, Rabearivelo, Verlaine, Heredia, et bien sûr Rimbaud. J’ai commencé à écrire des sonnets à influence très symboliste. Et un jour j’ai découvert dans une revue, peu avant que la bonne ne déchire la page pour faire le feu : « Concours Froissart de poésie ». Il fallait faire un recueil de poèmes. Je me suis lancé. J’ai fini le recueil et mon père m’a aidé à le faire dactylographier et poster. J’avais 15 ans et j’étais de très loin, le plus jeune poète du Centre. Des extraits de mon recueil « Solitudes d’ombres et d’éthers » ont été publiés dans la revue numéro 54. Le Centre Froissart situé à Valenciennes, dirigé alors par Monsieur jean Dauby, m’a mis en contact avec d’autres poètes français. C’est alors que j’ai fait la connaissance d’immenses poètes comme Hervé Lesage, René Char, Jacques Gasc et le grand Eugène Guillevic. Je garderai longtemps le souvenir de nos échanges qui ont fondé mon parcours d’écrivain.
Mais il fallait avoir le bac C et gagner sa vie, car depuis toujours, la poésie n’a jamais nourri son homme. Je me suis déconnecté quelque peu, sans vraiment cesser de lire ou de griffonner. A 16 ans j’ai reçu le Prix des Trois Continents à l’Académie de la Baule, toujours pour la Poésie.

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Errance chenille de mon cœur, Daté Atavito Barnabé-Akayi

 

photo Errances chenille de mon coeur

Publié en 2015 aux Editions Plumes soleil, « Errance chenille de mon cœur »  de Daté Atavito Barnabé-Akayi a été un événement littéraire authentique dans le paysage littéraire béninois. Authentique de par l’imbrication de réseaux narratologiques qui donnent le ton dans ce roman. Authentique surtout de par le factuel béninois passé au peigne fin, à travers le miroir de Saniath, personnage-comptoir autour duquel gravitent les micros-récits de ce roman. Daté Atavito nous donne à lire un roman croustillant, atypique qui s’apparente à un puzzle de récits teintés d’un caractère génialissime. Lire la suite de « Errance chenille de mon cœur, Daté Atavito Barnabé-Akayi »

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Les fantômes du Brésil, Florent Couao-Zotti : un Roméo et Juliette à l’africaine.

Florent Couao-Zotti est l’un des écrivains béninois les plus connus dans son pays et à l’étranger. Si vous n’avez encore rien lu de sa riche bibliographie, ce roman pourrait être un bon point de départ.

Présentation.

Les fantômes du Brésil !

Non. Il ne s’agit pas d’un roman horreur sur des fantômes de revenants brésiliens venus troubler le sommeil d’une ville. C’est un Roméo et Juliette à l’africaine.

Comme le prévient l’auteur à la page 8 du roman, il s’agit d’un récit imaginaire.

Les agoudas sont des descendants d’esclaves revenus du Brésil. Ils forment une caste au Bénin. Ils considèrent les membres des autres communautés comme des traites  ayant vendus leurs ancêtres en esclavage. Un groupe noble et fier.

« Nous sommes des Brésiliens de Bahia. Bahia, c’est la ville et l’odeur du sang de ceux qui ont refusé l’esclavage et l’indignité. Là-bas, ce sont nos ancêtres qui ont fait fléchir la courbe de l’histoire. Et ces gens ont besoin que leur descendance fasse fleurir leur mémoire. Ils ont besoin que nous crions notre fierté d’être sortis de leurs entrailles ».

Les mariages doivent donc se faire au sein de la communauté.Mais l’amour ne saurait se soucier de ces barrières érigées par les hommes. La belle et étincelante Anna-Maria do Mato (Agouda) entretien une liaison amoureuse avec Pierre Kpossou qui n’est pas Agouda !

Exaspération dans la famille do Mato. Menaces, intimidations; ils feront tout pour dissuader leur fille de poursuivre cette relation.

« Ton minable amoureux le connais-tu ? Tu sais de quelle boue il sort ? (…) Non seulement il est de la mauvaise souche, mais ses ancêtres ont été des serviteurs zélés des négriers. Ce sont ses arrières grands-pères qui nourrissaient le commerce des négriers en leur fournissant des esclaves… »

La mère prévoit même de la donner en mariage à Carlos Orlando Oquianoh, un Agouda.

Pourtant, comme dans toute belle histoire d’amour, les deux amoureux ne veulent pas se laisser intimider. Anna-Maria s’échappe de la maison où elle était enfermée et parvient à rejoindre Pierre.  Ce dernier s’est réfugié près de son oncle  dans une forêt  après avoir été battu par les frères d’Anna-Mato. Les deux amoureux savent qu’ils ne seront jamais en paix.

Désespérant de vivre leur amour comme ils l’entendent, Anna- Maria et Pierre s’entrainent dans la mer et se laissent noyer sous le regard impuissant des parents d’Anna et de la communauté Agouda…

Et ce fut tout.

Tout ? Non, le narrateur accompagne les deux amoureux dans le nouveau monde où ils se retrouvent. Séparés par la mort de ceux qui s’opposaient à leur union Pierre et Anna-Maria peuvent s’appartenir maintenant en toute liberté.

Mais tu n’es pas morte.

– Si je suis morte, Pierre. Comme toi, j’appartiens à la terre première. ( …) Toi et moi ensemble sur une ile déserte, toi et moi seuls à séduire le soleil. ( …) J’ai besoin d’habiter en toi maintenant que le silence a rempli nos vies et remusclé nos âmes. Viens.

J’aime tout en ce livre : le format, la couverture, le prix, le style de narration. En un mot c’est un bel ouvrage.

Une histoire qui montre qu’en tous temps et en tous lieux, les différences de classe, de race, bref de condition peuvent être un obstacle à l’amour le plus fougueux, à la passion la plus forte. Et les conséquences sont parfois…

Les fantômes du Brésil une histoire émouvante et riche d’enseignements. Et n’est pas pour rien qu’il est depuis peu, inscrit au programme scolaire au Bénin. Cela veut tout dire…

Je salue le travail de l’auteur, des éditeurs et de l’imprimeur. Ce livre me satisfait pleinement.

Ma notation : 4/5.

Et vous? Avez-vous déjà lu ce livre ? Qu’est ce qui vous y a plu ou déplu ?